“Where Moscow” écrit sur l'attachement du peintre russe Nikolaï Kouzmine au vieux Moscou 
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"Where Moscow" écrit sur l'attachement du peintre russe Kouzmine au vieux Moscou.

 

 

Septembre - octobre 1997

 

Images :
1) La Porte de la Résurrection. N. Kouzmine. 1996
2) Premier jour d’automne. Otradnoïe. L’église de l’Intercession de la Mère de Dieu. N. Kouzmine. 1994.

Moscou d'après les tableaux de Nikolaï Kouzmine.
IGOR PETCHKINE

Les affinités électives de Nikolaï Kouzmine sont évidentes : c'est pour le vieux Moscou qu'il nourrit une passion.

Pas pour la ville gaillarde des marchands, mais pour la cité calme et paisible, en un mot - pour le Moscou orthodoxe.

Nombreux sont ceux qui s'attelèrent à peindre Moscou - de très grands artistes, renommés, prolifiques, éminents. Et chaque fois, la Cité aux Bulbes d'Or résonna différemment. Car telle est son essence, d'une surprenante plasticité.

Nikolaï Vassiliévitch Kouzmine a consacré de nombreuses années à portraiturer la capitale. Et Moscou, avec les vestiges de ses quarante fois quarante églises, a répondu, dans la poétique picturale du peintre, avec un lyrisme tendre et une chaleur touchante. Inutile de rechercher dans ses toiles la reproduction exacte et complète des proportions et des volumes architecturaux : car ce n'est pas le trait, mais la couleur, par taches impressionnistes et expressionnistes, qui les rendent. Et pourtant se dégage de ses oeuvres la reconnaissance, exceptionnellement immédiate, des lieux représentés.

L'artiste a une foi inébranlable en l'immuable charme de l'humble nature moscovite, en l'inextinguible beauté de l'architecture religieuse russe.

Raison pour laquelle la "première capitale" de Kouzmine ne paraît jamais sombre. Elle est toujours lumineuse, optimiste.

Le présent ouvrage offre à lui seul la représentation de dizaines de sites préservés ou de ces coins et recoins de la métropole où ce sont les monastères et les églises qui constituent la dominante du paysage (et combien d'entre eux n'ont pu y trouver leur place, quoique le peintre les ait immortalisés dans ses toiles !). Le Kremlin, Kolomenskoïe, le couvent de Novodiévitchy, Troïtse-Lykovo, ont tous mérité l'honneur de faire l'objet de ses reportages iconographiques approfondis sous différentes lumières. Qui sait si, avec le temps, ces ensembles architecturaux ne feront pas l'objet, chacun, de monographies "individuelles" composées exclusivement d'oeuvres de Nikolaï Kouzmine ?

L'artiste ne recherche pas de points de vue surélevés d'où s'ouvriraient d'avantageux panoramas. Il regarde la ville d'en bas, en quidam.

Mais c'est, bien entendu, d'une manière toute personnelle qu'il la voit : en analyste, en peintre romantique.

De temps à autre, des immeubles d'habitation et autres bâtiments profanes entrent dans le champ de vision du peintre. Le simple fait de regarder par la fenêtre de chez lui offre à Kouzmine l'occasion de déclarer sa flamme à Moscou. Mais ce sont toutefois les édifices religieux qui demeurent prépondérants : églises et cathédrales, beffrois et clochers, tours et remparts monastiques couronnés de cimes aux couleurs de l'arc-en-ciel. Ils recèlent pour l'auteur un esprit singulier, le carillon de l'antique, donneur d'absolution, et l'inspiration.

La si joyeuse gamme de couleurs de Kouzmine permet, à elle seule, de distinguer ses toiles. L'absence quasi-absolue de noirs est caractéristique de sa palette.

« La nature ne connaît pas le mauvais temps » dit le proverbe russe - le peintre non plus : qu'il neige, vente, ou gèle à pierre fendre, par canicule ou par beau temps, dans la neige fondue ou la gadoue, il est dehors, à travailler ses études d'après nature. Ayant arpenté des centaines de verstes, dans le centre historique comme en périphérie, le peintre continue à nous narrer les récits de son inépuisable thème de prédilection : Moscou.

Combien l'on aimerait que non seulement les simples amateurs d'art prêtassent attention au héros du présent ouvrage, mais aussi les "pères" de la ville : il est indispensable que des artistes tels que Nikolaï Kouzmine soient encouragés. Par chance, l'occasion est trop belle, en ce jubilé exceptionnel pour Moscou.

I. Petchkine,
rédacteur en chef de la revue « Moskovskiï Khoudojnik » (Le peintre moscovite).

 

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